Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 10:11

"Chouette ! Ce soir je sors." Dit-elle en raccrochant son cellulaire.


Émilie avait réussi à convaincre le 10ème contact de son répertoire téléphonique. Il était hors de question qu'elle passe encore une soirée enfermée entre quatre murs.

L'appel de la foule, du bruit, de la musique était de plus en plus intense. Mais enfin quelqu'un était disponible, Nath, une amie, célibataire depuis 1 mois. Légèrement dépressive.

La santé mentale de son amie, importait peu à Émilie. Sa présence, lui permettait de dissoudre le pathétisme d'une sortie solitaire nocturne.

 

Il fallait maintenant se préparer, être jolie pour séduire.

 

« Chouette ! Ce soir je sors. Je vais enfin m'aérer la tête, le corps et peut-être le cul. Rhô, j'suis con ! Allez, sous la douche. Avant, quelle heure est-il ? 18h. J'ai rendez-vous à 21, faut que je parte à 20, j'ai donc 2h devant moi.

Ouch ! C'est chaud. A chaque fois je me fais avoir. Mmm c'est bon. Que vais-je porter ce soir ? Jupe noire, ma chemise noire cintrée, en espérant qu'elle m'aille encore... Et si au passage je me masturbais ? Non, pas le temps. J'suis propre, sors !

Je vais mettre des sous vêtements noirs. Direction la glace. Je n'ai pas de ventre aujourd'hui. Cool ! Maintenant jupe et chemise. Impeccable. Je suis habillée. Phase maquillage... »

 

Émilie se maquilla légèrement. Elle focalisait sur ses yeux, convaincue que le reste était laid.

Le temps approchait de la 20ème heure. Il ne fallait plus tarder à partir. Elle mit ses chaussures et prit sont manteau qu'elle enfila en ouvrant la porte de son appartement.

Les filles s'étaient données rendez-vous dans un bar branché parisien. Première arrivée, Émilie s'assit au comptoir et commanda un demi. Elle n'aimait pas être seule. Elle se persuadait que Nath arriverait d'un instant à l'autre. Au bout de la seconde bière et demi, elle sentit les vibrations de son cellulaire. C'était un message expédié par son amie. Un retard ? Elle le souhaitait. « Désolée, pas le moral, pas envie de sortir ».

 

 

- La conne ! J'en ai marre. Une autre bière, s'il vous vous plaît. Merci.



« Elle fait vraiment chier. Tant pis, je voulais me noyer dans la foule et avoir de la musique plein les oreilles. J'y suis. Avale ta bière et va danser ma grande. »



Comme convenu, elle se noya dans la foule. Les yeux fermés, hypnotisée par la musique dance, elle se mouvait en cadence. La sensation de sombrer au milieu de nulle part l'envahissait. Elle ressentait son corps et cela lui faisait du bien. Il était certain qu'elle aurait des courbatures le lendemain. Trois heures s'étaient écoulées. Fatiguée de tant d'exercices et prise de nausées houblonneuses, elle préféra partir.

Cette sortie, malgré le lapin de Nath, l'avait rendue heureuse. Elle ne regrettait plus l'absence de son amie, au contraire. Le fond de l'air était agréable. Prendre le métro tout de suite lui paraissait fort dommage. Émilie erra, en retardant le moment où elle n'aurait plus d'autre choix que celui de prendre les transports. Le sourire aux lèvres, elle se prenait pour une héroïne d'un film existentiel à la française. Il ne fallait pas louper le dernier bus si elle voulait s'économiser un taxi. Le bus la déposa non loin de chez elle. Son appartement était situé dans une zone déserte. Passée une certaine heure l'ambiance y était lugubre. Émilie s'y était toutefois habituée. Cet endroit lui était familier. Alors qu'elle longeait sa rue, une voix interrompit ses rêveries.

 

- Bonsoir.

- Bonsoir.

 

- Tu me suis ?

 

- Euh, non je ne crois pas. Bonsoir monsieur.

- Si si, tu me suis. Tu n'as pas le choix,

- Mais lâche-moi.



« Oh putain merde ! C'est quoi ce bordel ! Bon restons calme, analysons la situation. Ce gars me veut du mal. Je suis toute seule. Oh non, c'est pas vrai ! Il est armé. Non, c'est pas vrai. C'est pas vrai. »



- Allez ma belle à genou et suce-moi. Attention ne t'avise pas de mordre, mes réflexes seront fatals.

- Non, je veux pas, laissez-moi, s'il vous plaît

- Arrête, allez suce-moi si tu ne veux pas que je t'explose la tête.



« Non, pas ça, je veux pas. Ca me dégoute. J'ai pas l'choix. Son sexe pue. Il est sale. Mon dieu, c'est écoeurant. Je vais mourir. Pourquoi moi ? Je ne veux pas de sa bite dans ma bouche. Je ne veux pas de son sperme dans ma bouche. J'veux pas mourir. Que me fera t-il quand il aura joui. Je l'ai vu, je pourrai le reconnaître. il me tuera donc.

Son sperme dans ma bouche, c'est dégoutant. J'ai peur. Faut que je crache. »



- Avale, ma belle.

« Non »

- Avale.



« Je veux me laver la bouche, l'œsophage. Il n'en a pas fini avec moi. Pourquoi me suis-je mise en jupe ? Il est derrière moi. Il va m'abattre. Vas-y fait vite, j'm'en fous. Je veux que ça cesse. Sa main sur mes seins. Ce n'est donc pas fini. Son autre main me force à me mettre à quatre pattes. Personne pour me sauver. Ne donne pas d'importance à la douleur. Ca va s'arrêter un moment donné. Il caresse mes fesses. Ce n'est pas fini. Ca y est, je sens son sexe. Comment vais-je survivre à tant d'humiliation ? Comment vais-je pouvoir aimer après ça? Et ce flingue qu'il a dans la main posée sur mon dos. S'il appuyait sur la gâchette emporté par sa jouissance. Demain n'existe plus pour moi. J'ai peur. »



- J'en peux plus, arrêtez. J'ai mal.

- Mmm, t'as gueule !



« Il se retire. Il va partir. Non il se met devant moi. Ses baskets sont crades. Il pue. Que me veut-il maintenant ? »



- S'il vous plaît, stop, j'en peux plus.
- Mais ce n'est pas fini ma jolie. Allonge-toi.
- S'il vous plaît, non
- Allonge-toi, j'te dis !



«Il va mater mes seins, maintenant. C'est quoi ce couteau ? »



- Non ! Ne me poignardez pas, non.

- Chut, sois sage si tu ne le veux pas.



« Je veux pas mourir. Il a posé son couteau. C'était juste pour arracher mon soutif. Il fait glisser son arme autour de mes mamelons, il la fait glisser le long de mon ventre. C'est froid, j'ai peur. Ca va durer toute la nuit. J'ai peur. Il fait quoi là. Non, pas ça, non. »



- Non, pas ça. Non, ne faites pas ça. Laissez-moi maintenant. Je vous en prie. Je suis fatiguée.



« C'est froid dans mon vagin. Il m'a pénétré de son arme. Je veux pas mourir. Non, non. Il n'a pas l'intention d'appuy...»

Par Fact O'post - Communauté : ecrivains en herbe
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